Perdre son emploi peut avoir des conséquences bien au-delà des difficultés financières. Isolement, perte de repères, sentiment de dévalorisation : le chômage peut aussi peser sur la santé mentale. C'est ce que met en lumière une nouvelle publication de Santé publique France.
Selon les résultats du Baromètre de Santé publique France 2021, 16,7 % des hommes sans emploi ont connu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois, contre 10 % de ceux qui travaillent.
Chez les femmes, l'écart est encore plus important : 27,2 % des femmes sans emploi sont concernées, contre 15,5 % de celles qui occupent un emploi. La proportion atteint même 34,5 % chez les jeunes femmes de 18 à 24 ans sans emploi.
Ces résultats, issus d'une enquête menée auprès de 14 471 personnes actives âgées de 18 à 64 ans en France métropolitaine, figurent dans un numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire consacré aux liens entre chômage et santé.
Dans le Grand Est, les difficultés financières pèsent sur la santé mentale
À l'échelle régionale, les chiffres du Baromètre de Santé publique France 2024 apportent un éclairage supplémentaire. Dans le Grand Est, 15,8 % des adultes âgés de 18 à 79 ans ont connu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois.
Parmi les personnes déclarant rencontrer des difficultés financières, cette proportion atteint 30,3 %. L'étude révèle également que près de 43 % des personnes ayant connu un épisode dépressif n'ont eu recours à aucun soin.
La région se distingue aussi par une fréquence des pensées suicidaires supérieure à la moyenne nationale, particulièrement chez les hommes. Au total, 6,2 % des adultes du Grand Est déclarent avoir eu de telles pensées au cours des douze derniers mois, une proportion qui atteint 10,6 % chez les 18-29 ans.
Ces chiffres ne concernent pas spécifiquement les demandeurs d'emploi. Ils montrent néanmoins que la précarité financière constitue un élément important à prendre en compte dans l'analyse de la santé mentale.
Une perte d'emploi qui bouleverse le quotidien
Le chômage peut modifier profondément le quotidien. La disparition des habitudes professionnelles, le sentiment d'isolement ou encore les difficultés à se projeter dans l'avenir peuvent contribuer à fragiliser les personnes concernées.
Les travaux présentés par Santé publique France soulignent également les effets de la stigmatisation. Le regard porté sur les personnes sans emploi peut affecter leur estime de soi.
Au-delà des conséquences économiques, ces résultats rappellent que la perte d'un emploi peut aussi fragiliser l'équilibre personnel et social. Un aspect du chômage qui mérite d'être pris en compte au même titre que les difficultés financières.