Le système fiscal luxembourgeois s'apprête à connaître un changement majeur. À partir du 1er janvier 2028, une classe d'impôt unique remplacera progressivement les classes actuelles. Une réforme adoptée le 28 octobre par la Chambre des députés, qui aura des conséquences sur l'imposition des célibataires, des couples mariés et des familles.
Aujourd'hui, au Luxembourg, deux personnes disposant de revenus similaires peuvent être imposées différemment selon leur situation familiale. Avec la classe d'impôt unique, le gouvernement entend réduire ces différences de traitement et rendre la fiscalité plus équitable.
Le changement ne sera toutefois pas immédiat pour tout le monde. Plusieurs dispositions transitoires sont prévues, notamment pour les couples mariés.
Qui sera concerné dès 2028 ?
À partir du 1er janvier 2028, les contribuables actuellement imposés en classe 1 ou 1a passeront à la nouvelle classe d'impôt unique. Ce sera également le cas des nouveaux contribuables.
Pour les personnes seules et les familles monoparentales, le gouvernement annonce des allègements fiscaux, dont le montant dépendra notamment des revenus et de la situation personnelle.
L'objectif affiché est de rendre le système plus prévisible, notamment lorsque la situation familiale d'un contribuable évolue.
Que va devenir la classe 2 pour les couples mariés ?
C'est l'un des principaux points de la réforme. Les contribuables bénéficiant d'une imposition collective avant le 1er janvier 2028 pourront continuer à profiter du tarif de l'ancienne classe 2 pendant une période transitoire de 25 ans.
Autrement dit, les couples concernés ne perdront pas automatiquement leur régime fiscal actuel dès l'entrée en vigueur de la classe unique.
En revanche, les couples qui ne bénéficiaient pas, avant 2028, de l’imposition collective, seront soumis au nouveau système. La situation des couples devra donc être examinée en fonction de leur date d'entrée dans le régime fiscal et de leurs modalités d'imposition.
Quelles mesures pour les familles ?
La réforme prévoit également plusieurs dispositions destinées aux familles.
Le crédit d'impôt monoparental passera de 3 504 à 4 008 euros, soit une augmentation de 504 euros.
Un nouvel abattement fiscal de 5 400 euros par an est également prévu pour les parents de jeunes enfants. Il viendra compléter d'autres mesures familiales annoncées par le gouvernement, notamment l'augmentation des allocations familiales à partir de 2027.
Le texte prévoit par ailleurs un soutien aux personnes qui réduisent leur activité professionnelle pour s'occuper d'un proche ayant besoin d'aide.
Des impôts moins élevés pour une majorité de contribuables
Selon le ministère des Finances, la réforme devrait permettre à une grande majorité des contribuables de payer moins d'impôts. Mais les économies ne seront pas les mêmes pour tout le monde : elles dépendront notamment des revenus et de la situation familiale.
D'autres mesures sont également prévues, comme l'adaptation automatique du barème fiscal après quatre tranches indiciaires, pour mieux tenir compte de l'évolution des salaires. Certains plafonds de déduction fiscale seront aussi augmentés.
Pour le ministre des Finances, Gilles Roth, cette réforme vise aussi à adapter la fiscalité aux réalités d'aujourd'hui. « Cette réforme tient compte de l'évolution de notre société et de la diversité des situations familiales. Les citoyens continueront à bénéficier d'allégements fiscaux. La réforme reflète une conviction essentielle : l'État doit être au service des citoyens, et non l'inverse. »