En novembre, certaines moustaches ne sont pas là uniquement pour le style. Derrière ce symbole parfois amusant se cache un sujet bien plus sérieux : la santé masculine. Cancers de la prostate et des testicules, santé mentale, prévention du suicide… Pendant un mois, Movember encourage les hommes à parler de leur santé, à consulter et à ne plus laisser certaines inquiétudes de côté.
Né en Australie en 2003, Movember est devenu un mouvement international de sensibilisation à la santé des hommes. Son principe est simple : se laisser pousser la moustache pendant le mois de novembre pour attirer l'attention, susciter des conversations et récolter des fonds destinés à la recherche et à la prévention.
Mais au-delà de cette tradition, la campagne rappelle une réalité : certains problèmes de santé restent difficiles à aborder, notamment lorsqu'ils touchent à l'intimité ou au bien-être psychologique.
Des cancers dont il faut connaître les signes
Le cancer de la prostate est l'un des cancers les plus fréquents chez les hommes. Son risque augmente notamment avec l'âge et les antécédents familiaux.
Le dépistage du cancer de la prostate n'est pas recommandé de manière systématique à tous les hommes. Un dosage sanguin du PSA peut toutefois être envisagé après discussion avec un médecin, notamment en fonction de l'âge et des facteurs de risque.
Le cancer des testicules, quant à lui, touche plus particulièrement les hommes jeunes. Une grosseur, un gonflement ou une modification inhabituelle d'un testicule doivent amener à consulter, même en l'absence de douleur.
Dans les deux cas, l'essentiel est de ne pas ignorer un changement ou une inquiétude et d'en parler à un professionnel de santé.
La santé mentale aussi au cœur de Movember
La campagne ne concerne pas uniquement les cancers. Elle accorde également une place importante à la santé mentale et à la prévention du suicide.
Car si les difficultés psychologiques peuvent toucher tout le monde, les hommes sont particulièrement concernés par la mortalité liée au suicide. Selon une étude publiée en 2025 dans The Lancet Public Health, près de 70 % des quelque 746 000 décès par suicide estimés dans le monde en 2021 concernaient des hommes.
Un constat qui invite à s'interroger sur les obstacles à la demande d'aide. La peur du jugement, les attentes sociales ou encore l'idée qu'il faudrait toujours se montrer fort peuvent empêcher certains hommes d'exprimer leur mal-être ou de consulter.
Pourtant, parler de son mal-être peut constituer une première étape. Un échange avec un proche, une consultation chez un médecin ou un accompagnement psychologique permettent de ne pas rester seul face à ses difficultés. L'entourage a aussi un rôle à jouer. Un changement de comportement, un repli sur soi ou une fatigue inhabituelle peuvent être l'occasion d'engager une conversation, sans jugement.
Finalement, qu'elle soit fournie, discrète ou franchement ratée, la moustache a au moins un mérite : faire parler d'un sujet trop souvent passé sous silence. Et c'est bien là tout l'esprit de Movember.